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116 117 : un nouveau numéro pour les non-urgences !

116 117, ce sont les six chiffres instaurés par le ministère des Affaires sociales et de la Santé pour désengorger les numéros d’urgence… Son objectif : offrir la possibilité à la population d’obtenir un conseil non urgent aux heures de fermeture des cabinets médicaux.

Crédit photo : Nicolas Beaumont / Secours Mag

Certains diront : « encore un numéro »... Que les mauvaises langues se taisent, car cette fois, le 116 117 n’est pas une ligne dédiée aux urgences. Il permet de joindre un médecin de garde à partir de 20h en semaine, le dimanche, le samedi après 12h et les jours fériés. L’objectif du 116 117 est justement de désengorger les numéros d’urgence, notamment le 15, qui connait depuis des années un nombre croissant d’appels intempestifs sans aucun rapport avec une urgence médicale. D’autres numéros à quatre ou dix chiffres, différents en fonction des départements, permettent déjà de joindre un médecin de garde, mais leur multiplicité « nuisent à la lisibilité de la permanence des soins ambulatoires », peut-on lire dans le communiqué de presse diffusé par le ministère. Face à ce constat, et dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016, Marisol Touraine, ministre de la Santé, a inauguré le 4 avril dernier ce nouveau numéro dans trois régions : Pays de la Loire, Corse et Normandie. Le reste de la France devrait être connecté dans le courant de l’année.

 

Un accès facilité pour tous

« J’ai souhaité faciliter l’accès de tous les Français à un médecin généraliste aux heures de garde : devant la multiplicité des numéros existants d’un département à un autre, j’ai mis en place un dispositif simple et facilement mémorisable. Le 116 117 garantit l’accès aux soins pour tous aux heures de fermeture des cabinets médicaux », a déclaré Marisol Touraine. Ce numéro permet au requérant d’obtenir un conseil médical, d’être orienté vers un médecin généraliste ou une maison médicale de garde, d’organiser une visite à domicile en cas d’incapacité de la personne à se déplacer, ou encore une prise en charge sans délai par les services de l’aide médicale urgente (SAMU) si nécessaire. Le 116 117 ne sera en revanche pas accessible en journée, durant la semaine, puisqu’il n’a pas vocation à se substituer aux consultations assurées par les médecins traitants.

 

Oui, mais…

« Ce nouveau numéro contribue à bien organiser la permanence des soins, explique le Dr Claude Leicher, président du syndicat MG France, qui représente les médecins généralistes. Il va permettre de redonner au 15 son caractère d’urgence absolue. » Le syndicat ne peut que louer l’apparition de ce numéro, dans la mesure où il avait proposé, dès les origines de la création du 15, de mettre en place un numéro unique (le 16 à l’époque) pour les appels non urgents ; et ce pour éviter l’engorgement du 15. C’était il y a plus de 20 ans… « L’engorgement du 15 est un véritable problème, continue le Dr Leicher. Même pour nous, médecins, il est difficile de joindre ce numéro dans des délais acceptables dans le cadre de notre profession. » Gageons que ce nouveau numéro permettra de résoudre cette problématique, ou du moins d’aller vers une amélioration d’un système aujourd’hui à bout de souffle. Mais le concept du 116 117 fait ressurgir dès lors une nouvelle question, puisqu’il repose sur la disponibilité des médecins. A l’heure où certains territoires sont devenus de véritables déserts médicaux, tout en sachant que les médecins généralistes n’ont plus l’obligation de participer à des gardes, trouver des volontaires peut s’avérer difficile. « Nous devons faire un double métier, conclut le président du premier syndicat des médecins généralistes. Celui que nous menons en journée, et l’autre, dans le cadre du volontariat, le soir et le week-end. Cela peut être faisable, mais tout dépend des moyens que l’on met sur la table, pour que l’action soit valorisée, et valorisante. » La balle semble donc désormais dans le camp des pouvoirs publics…