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Attentats de Barcelone et de Cambrils : une épreuve

Alors que le bilan définitif des attentats de Barcelone et de Cambrils est pour l'heure de 15 morts tous identifiés et de 50 blessés, l'épreuve subie par tous les intervenants rappelle la nécessité d'un système de prise en charge adéquat.

Sauvetage à Barcelone
Crédit photo : Claudia Lerma

Il est un peu plus de 17h00 ce jeudi 17 août lorsqu'une camionnette lancée à vive allure sur la zone piétonne de Las Ramblas renverse des dizaines de personnes. Quelques heures plus tard, Daesh revendique cet attaque qui vient s'ajouter à la triste liste des attentats de ces dernières années. Après Nice, Berlin, Londres, Paris ou Manchester, c'est la capitale de la Catalogne, Barcelone qui fait face à l'effroi. Le jeudi 24 août, le bilan fait état de 15 morts. Toutes les victimes ont été identifiées. Lundi 21, 50 blessés sont encore hospitalisés, dont 9 dans un état critique et 3 dans un état grave. De nombreuses nationalités sont concernées : espagnole, française, allemande, néerlandaise, argentine, vénézuélienne, belge, australienne, hongroise, péruvienne, irlandaise, grecque, cubaine, macédonienne, chinoise, italienne, roumaine et algérienne.

Dans la nuit du 17 au 18 août, à quelques centaines de kilomètres de Barcelone, dans la station balnéaire de Cambrils le même scénario d'horreur se répète : une voiture fauche des policiers et des piétons, le bilan est heureusement moins lourd avec 7 personnes blessées.

Derrière ces tristes faits, la réalité de l'organisation des secours est mise à rude épreuve. Plusieurs dizaines d'ambulances sont mobilisées pour prendre en charge les centaines de blessés dont certains en état d'urgence absolue. Patrick Pelloux, médecin urgentiste et président de l'association des médecins urgentistes de France (AMUF) rappelle que "depuis les attentats de 2015 à Paris, les doctrines de prises en charge ont évolué. Il est impératif d'emmener rapidement les victimes vers des plateaux techniques chirurgicaux pour arrêter les hémorragies." Directement inspirées des techniques des forces armées, et notamment du Service de santé de l'armée (SSA), ces techniques de Damage control (ndlr. contrôle des hémorragies) permettent d'augmenter les chances de survie suite à des traumatismes causés par des armes de guerre ou des écrasements après des chocs.

Les blessés de Barcelone ont dû être répartis dans quinze hopitaux pour assurer les soins, notamment chirurgicaux. De son côté la France, via un communiqué de Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères a souligné : "J'avais demandé dès l'annonce de l'attaque l'ouverture d'une cellule de crise au ministère de l'Europe et des affaires étrangères afin de faire le point sur la sécurité de nos compatriotes à Barcelone et de répondre à leurs proches. [...] La cellule demeure ouverte et la réponse téléphonique est maintenue."

En parallèle du volet médical, les autorités espagnoles ont appréhendé et neutralisé certains auteurs mais l'action des enquêteurs s'étend au delà du territoire ibérique. En effet les services de sécurité de toute l'Europe contribuent à l'avancée judiciaire.