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COVID-19. Renfort de l’armée : les ambulanciers sous le choc

Suite à l’annonce d’Emmanuel Macron d’employer l’armée pour réaliser certains transports sanitaires, la Fédération nationale des ambulanciers privés s’insurge.

Crédit photo : Nicolas Beaumont

« Nous sommes dépités ».
Philippe Lauriot, président de la Fédération nationale des ambulanciers privés (FNAP), ne mâche pas ses mots.
Au lendemain de l’annonce présidentielle faisant état de l’emploi de l’armée pour assurer les transports des malades du Covid-19 des hôpitaux saturés vers d’autres structures moins surchargées, les ambulanciers dénoncent une décision de non-sens. « Nous avons des ambulances à l’arrêt car le transport programmé a diminué de 60 %, relève Philippe Lauriot. L’activité liée à l’UPH (urgence pré-hospitalière) est pratiquement au point mort. » Dans le soucis de ne pas encombrer les services d'urgence, les SAMU limitent en effet au maximum les hospitalisations, entraînant une baisse de l'activité de 50 % en moyenne sur le territoire national. Autant dire que les forces vives sont disponibles, mais étrangement non sollicitées. « Nous avons le maillage territorial, la réactivité et les compétences, mais on ne fait pas appel à nous », s’insurge Philippe Lauriot, qui dénonce dans une lettre adressée au ministre de la Santé (voir ci-après) une « intolérance aux entreprises privées de transports sanitaires ».

Un moral en baisse

Alors que la crise sanitaire actuelle pousse les professionnels de santé à un engagement personnel énorme et à l’altruisme, les ambulanciers, face aux décisions du gouvernement, ou parfois aux manques de directives claires, perdent le moral. « Il n’y a pas une ARS (Agence régionale de santé) qui réagit de la même manière, renchérit Philippe Lauriot. Les décisions qui sont prises sont des décisions de technocrates, qui ne connaissent pas le terrain et les discussions se tiennent sans même consulter les professionnels. »

A ce jour, les ambulanciers attendent encore des directives claires de la part de leurs autorités de tutelle, mais surtout d’être intégrés en toute logique dans la chaine de secours au regard de leurs compétences avérées. « Nous ne sommes pas dans la résilience, mais dans l’attente d’actions. Ne nous laissez pas sombrer dans le chômage technique, mais utilisez notre technicité à la cause », conclut Philippe Lauriot dans la lettre adressée au Ministre.

 

Lire la Lettre de la FNAP au ministre de la Santé