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Don d’organes : une quête vitale

Jeudi 22 juin : c’est la journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe et de reconnaissance aux donneurs. L’occasion de revenir sur les enjeux de cette cause qui, pour une vie perdue, peut en sauver une autre.


« La science fait des progrès chaque jour et il devient de plus en plus évident de réaliser des greffes », entonne Didier Geneste, correspondant en Ile-de-France de l’Association française des familles pour le don d’organes (lire encadré). Face à cette évidence se confronte cependant une réalité dommageable : la demande reste beaucoup plus importante que l’offre. Avec quelques 20 000 personnes en attente de greffe chaque année, seules à peine plus de 5 000 opérations sont réalisées. Un chiffre qui montre bien la nécessité de faire connaître cette cause primordiale.

 

Ce que dit la loi

La loi française repose sur le principe du consentement présumé, à savoir que « chacun d’entre nous est considéré comme favorable au don de ses organes après sa mort, à moins de s’y être opposé de son vivant » (loi Caillavet de 1976). Et s’y opposer entend être inscrit sur le registre national des refus géré par l’Agence de la biomédecine, seule source consultée par les médecins urgentistes en amont du prélèvement.

Chacun d’entre nous est considéré comme favorable au don de ses organes après sa mort

Selon la loi de bioéthique, le don d’organes est anonyme et gratuit. Ceci signifie qu’un receveur ne connaîtra jamais la provenance de son organe, mais également que la famille du donneur ne saura jamais chez qui le greffon a été transplanté. Ainsi, la loi française autorise donc ces actes au bénéfice des receveurs sous deux conditions fondamentales :

- il doit y avoir une finalité thérapeutique
- tous les éléments prélevés (organes, tissus, cellules) résultent d’un don généreux.

En 2016, la loi de modernisation de notre système de santé a fait évoluer les conditions d’inscription sur le registre national des refus, en permettant de s’enregistrer par Internet (et plus uniquement par voie postale comme c’était auparavant le cas). A l’heure actuelle, environ 150 000 personnes incrémentent cette base de données. Il est également désormais possible de choisir les organes que l’on ne veut pas se faire prélever. « Il est important de rappeler que la famille d’un défunt n’a pas son mot à dire sur le prélèvement d’organes, précise Didier Geneste. Les médecins ne demandent pas l’autorisation, mais cherchent uniquement à savoir si la personne y était opposée ». Car les familles réagissent souvent, dans l’urgence, de manière émotionnelle et optent généralement pour le refus. Mais sans possibilité de prouver ce dernier, et si le donneur potentiel n’est pas inscrit au registre, alors le prélèvement sera réalisé.

Source : AFFDO

 

Une cause vitale

Chacun d’entre nous doit prendre conscience qu’il peut sauver une vie, même après sa mort. Il est donc primordial de se poser cette question de son vivant, et d’en faire connaître l’issue à ses proches. Ces dernières années, on constate une hausse sensible du nombre de greffes réalisées (+ 7 % entre 2014 et 2015). En 20 ans, l’accès aux greffes a, pour sa part, doublé. La journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe et de reconnaissance aux donneurs du 22 juin a pour but de sensibiliser la population à cette cause. « C’est aussi l’occasion de rendre hommage aux donneurs et de valoriser cet acte auprès des familles », conclut Didier Geneste, qui souhaite aussi saluer le travail des secouristes. « Ce sont les premiers maillons de la chaîne de la vie et de la greffe. »

 

L’Association française des familles pour le don d’organes

Cette association a pour but d’approcher les familles pour les accompagner, les aider à surmonter toutes les difficultés qui touchent à la question du don d’organes en France. Créée au départ dans l’Hérault (34), sous l’impulsion notamment du Dr Hélène Mandroux, médecin coordinateur du CHU de Montpellier et maire de cette même ville de 2004 à 2014, l’AFFDO tisse aujourd’hui sa toile dans de nombreux départements français. Elle vise à informer et sensibiliser le public sur l’importance réelle du don d’organes en l'invitant à amorcer le débat au sein des familles afin de se positionner.
Plus d’informations sur www.affdo.fr