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Election présidentielle : 32 propositions des pompiers de France

Lors d’une conférence de presse donnée à la Maison des sapeurs-pompiers (Rue Bréguet, Paris), la FNSPF (Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France) a dévoilé une liste de 32 propositions d’actions concrètes destinée à être présentée aux candidats à l’élection présidentielle de 2017.

Crédit photo : Sylvain Ley / Secours Mag

« Le monde a changé, entonne Eric Faure, président de la FNSPF. Sylvain Ley / Secours Mag
Et dans un monde qui change, notre pays doit s’adapter ainsi que la réponse des secours. » A quelques mois de l’élection présidentielle, les sapeurs-pompiers de France s’enflamment et interpellent directement les candidats. Une liste de 32 propositions, regroupées en 8 items (voir encadré), va être, très prochainement, soumise à chacun d’entre eux. 

Dans cette liste de propositions, nombre d’entre elles sonnent comme une rengaine dans la bouche de la Fédération. Mais y a-t-il meilleur moment qu’à l’aune d’une élection pour se faire entendre et espérer, à défaut d’engagements, des promesses ? D’autant plus que le constat exprimé par Eric Faure est inquiétant. Baisse du nombre de sapeurs-pompiers volontaires, fermetures de casernes, budget d’investissement en baisse… mais sollicitation des SP en hausse ! Résultat : « un effet ciseau qui provoque l’écart qui est en train de se construire », alerte le président de la FNSPF. Les dernières statistiques de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises en témoignent : le délai d’intervention a, l’année dernière, augmenté d’une minute. « Mais jusqu’où ça va aller !? », s’insurge Eric Faure.

 

Une ambition pour la Sécurité civile

C’est un modèle ambitieux et nécessaire, mais espérons réalisable, que la FNSPF propose. Sur la première marche du podium : le renforcement de la « force » sapeur-pompier. Malgré la stabilisation de l’effectif des sapeurs-pompiers volontaires (qui voyaient leur nombre chuter ces dernières années), il est nécessaire et urgent de travailler désormais au grossissement des rangs. « Notre objectif est d’atteindre la barre des 200 000 volontaires d’ici les cinq prochaines années (actuellement 192 600 environ, ndlr) », explique Dominique Turc, chargé du développement et de la promotion du volontariat. Pour cela, outre les traditionnelles campagnes de communication « qui devraient être prises en charge par l’Etat », il devient nécessaire de s’adapter aux contraintes de ces volontaires, mais aussi de développer les écoles de JSP, de mieux les protéger face aux agressions et d’adopter de nouvelles mesures d’attractivité.

  Les huit axes de réflexion

  1. Renforcer la « force » sapeur-pompier

  2. Maintenir la proximité territoriale des secours

  3. Consolider l’engagement des sapeurs-pompiers
  dans le secours d’urgence aux personnes

  4. Préparer la réponse aux nouvelles menaces

  5. Innover pour plus d’efficacité et d’efficience

  6. Faire de chacun un acteur de sa propre sécurité

  7. Réussir l’alchimie entre le pilotage régalien de l’Etat
  et l’implication locale des collectivités

  8. Compenser la disparité financière entre territoires,
  source d’inégalité du secours.

Si la défense de cette « force » est l’un des cheval de bataille de la Fédération, d’autres thématiques font bien entendu l’objet de propositions : le maintien de la proximité territoriale des secours, l’affermissement du rôle du Préfet dans le pilotage des crises, généraliser les plateformes d’appels communes… Proposition phare : supprimer le numéro d’urgence 18 au profit du 112 ! « Nous allons montrer l’exemple, annonce le Dr Patrick Hertgen, vice président de la FNSPF. Il y a aujourd’hui 450 centres d’appels d’urgence en France. C’est illisible. Il y a trop de numéros d’urgence.
Sur le papier, tout le monde communique parfaitement, mais en réalité, ça fonctionne très mal au quotidien, et en cas de crise majeure, ça ne marche pas du tout. »

Autre proposition d’envergure : atteindre 80 % de la population formée aux gestes de premiers secours. Comment ? En systématisant les initiations dans les classes de CM1 et CM2 puis en généralisant la formation à tous les élèves de 4e. Et en faisant des sapeurs-pompiers des « ambassadeurs » des actions de sensibilisation auprès de la population. L’idée est louable… mais l’objectif peut être un peu ambitieux d’autant qu’il n’est pas fait allusion, pour l’atteindre, d’une complémentarité avec d’autres acteurs du secours. C’est peut-être là que le bas blesse… Quid des autres acteurs de la Sécurité civile qui participent aux secours d’urgence et à la protection des populations ? Certes, les sapeurs-pompiers représentent une force vive du système, mais la protection civile, au sens large, n’est-elle pas un tout ? A l’heure où les candidats à l’élection présidentielle bataillent sans vergogne pour obtenir le statut de chef de l’Etat, une coalition de tous les acteurs du secours n’aurait-elle pas été la bienvenue ?

 

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