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Enquête ESPA : les premiers enseignements

L’enquête post-attentat du 13 novembre menée par Santé publique France livre ses premiers résultats sur les conséquences psychologiques des personnes confrontées à ces événements tragiques. Principal enseignement: les intervenants professionnels sont moins sujets aux troubles du stress post-traumatique que le grand public.

Transport de blessés de l'attentat du 13 novembre
Crédit photo : Protection civile de Paris / Samuel Moreau

Des premiers enseignements. Huit mois après les attentats du 13 novembre, Santé publique France avait mené une enquête post-attentat (ESPA). Objectif : estimer l’impact psychologique et social des personnes confrontées aux attentats et mieux connaître l’utilisation des dispositifs de soins. Basée sur une participation volontaire, les citoyens concernés sont les civils et intervenants professionnels directement témoins ou présents sur les lieux. Leurs proches peuvent aussi participer. 526 civils ont répondu à cette enquête dont 222 personnes étaient présentes sur les lieux des attaques.

 

Des résultats à approfondir

Les premiers résultats montrent que l’impact psychologique des attentats est assez important. Santé publique France déclare que, chez le grand public, 39 % présentaient des TSPT plus de huit mois après les attaques. Parmi les personnes présentant ce trouble, 46 % ont décidé de ne pas être pris en charge régulière par un psychologue ou un médecin. Cette proportion était plus élevée parmi les témoins ou les endeuillés, que parmi les personnes ayant été directement confrontées aux attentats. Chez les répondants intervenants, 5 % présentaient des TSPT. Les causes associées sont l’intensité de l’exposition, l’isolement social et la non-préparation aux évènements traumatisants.

D’après François Bourdillon, le directeur général de Santé publique France,  "il apparaît déjà nécessaire et important de pouvoir connaître quatre ans après les attentats, l’évolution des impacts psychologiques  et des besoins de prises en charge des personnes." Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer et d’élargir le dispositif d’accès aux soins. Pour les intervenants, il recommande que les institutions accordent une importance particulière au soutien social à l’égard de leur personnel, ainsi qu’une préparation à la gestion du stress et aux conséquences des traumatismes psychiques. Les données de l’enquête sont encore en cours d’analyse mais ces premiers résultats vont servir à améliorer le suivi des personnes confrontées à ces évènements tragiques. Une nouvelle enquête sera lancée en automne 2019 sous le même format. A terme, l’objectif est de pouvoir suivre l’évolution des personnes ayant déjà répondu au questionnaire.