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Focus #41 : Urgences hospitalières, ça urge !

Les urgences hospitalières ont fait l’objet d’un rapport publié le 13 septembre dernier. Les trois auteurs dressent un état des lieux préoccupant des dysfonctionnements des services et font 20 propositions qui pourraient être mises en œuvre à court terme.


Médecins de profession, Laurence Cohen, Catherine Génisson et René-Paul Savary siégeaient au Sénat lorsqu’ils ont publié leur rapport intitulé « Les urgences hospitalières, miroir des dysfonctionnements de notre système de santé ». C’est le principal constat des rapporteurs : les difficultés des services d’urgence doivent être regardées comme un miroir grossissant des dysfonctionnements de l’ensemble de notre système de santé, en amont comme en aval des urgences, et peut-être même, plus largement, de notre système d’accompagnement social. « Notre système de santé est fracturé entre hospitalo centrisme et médecine libérale. Il y a donc un maillage à recréer », souligne Catherine Génisson. Et il y a urgence en la matière. Les personnels des services d’urgence sont à bout, et les patients en souffrent également. « Aujourd’hui trois quarts des patients qui entrent aux urgences ne sont pas hospitalisés. Il y a donc un vrai problème d’aiguillage. » La majorité des passages décrits comme inutiles s’expliquent par l’insuffisance de l’offre existant en amont, notamment s’agissant de la médecine de ville avec un désengagement des médecins libéraux quant à la prise en charge des soins non programmés ; et en aval avec en particulier la faible disponibilité de lits dans les services spécialisés et une pénurie de places dans les structures extra
hospitalières.

Quelles solutions ?

Les rapporteurs qui ont privilégié une approche de terrain proposent des solutions concrètes ancrées dans l’exercice quotidien des personnels, et dont la mise en œuvre est possible à court terme (lire encadré). Parmi les pistes recommandées : mise en place d’une tarification modulée en fonction de la gravité des pathologies et des actes réalisés, développement de circuits courts de prise en charge aux urgences avec un tri effectué en amont par des médecins ou infirmiers expérimentés, généralisation des gestionnaires de lits travaillant en étroite collaboration avec les équipes médicales, ou encore interruption de la fermeture de lits dans les services de médecine et de chirurgie générales. « Les préconisations de ce rapport sont bonnes, mais il faut aller plus loin notamment dans la gestion en aval des urgences, relève le Dr François Braun, président de Samu Urgences de France. Ce problème doit être traité en priorité car il va se poser dès l’hiver prochain. Il est inadmissible que des patients passent la nuit sur des brancards dans des services d’urgence alors qu’il n’y a pas de lits disponibles. Or on sait qu’une surcharge des urgences entraîne une augmentation de la morbidité des patients. »