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Focus #51 : Impact psychologique des attentats, les premiers enseignements de l’étude ESPA

L’enquête post-attentat du 13 novembre 2015 menée par Santé publique France livre ses premiers résultats sur les conséquences psychologiques des personnes confrontées à ces événements tragiques. Principal enseignement : les intervenants professionnels sont moins sujets aux troubles du stress post-traumatique que le grand public.

Crédit photo : Samuel Moreau / Protection civile de Paris

Des premiers enseignements. Huit mois après les attentats du 13 novembre, Santé publique France avait mené une enquête post-attentat (ESPA). Objectif : estimer l’impact psychologique et social des personnes confrontées aux attentats et mieux connaître l’utilisation des dispositifs de soins. Basée sur une participation volontaire, les citoyens concernés sont les civils et intervenants professionnels directement témoins ou présents sur les lieux. Leurs proches peuvent aussi participer. 526 personnes ont répondu à cette enquête dont 222 étaient présentes sur les lieux des attaques.

 

Des résultats à approfondir

Les premiers résultats montrent que l’impact psychologique des attentats est important. Selon Santé publique France, 39 % des civils présentaient des Troubles de stress post traumatique (TSPT) plus de huit mois après les attaques. Parmi les personnes présentant ce trouble, 46 % ont décidé de ne pas être pris en charge régulièrement par un psychologue ou un médecin. Cette proportion était plus élevée parmi les témoins ou les endeuillés, que parmi les personnes ayant été directement confrontées aux attentats. Chez les répondants professionnels, 5 % « seulement » présentaient des TSPT. Les causes associées sont l’intensité de l’exposition, l’isolement social et la non-préparation aux évènements traumatisants. D’après François Bourdillon, le directeur général de Santé publique France, « il apparaît déjà nécessaire et important de pouvoir connaître quatre ans après les attentats, l’évolution des impacts psychologiques et des besoins de prise en charge des personnes ». Ces résultats soulignent quoi qu’il en soit la nécessité de renforcer et d’élargir le dispositif d’accès aux soins. Pour les intervenants, l’étude recommande que les institutions accordent une importance particulière au soutien social à l’égard de leur personnel, ainsi qu’une préparation à la gestion du stress et aux conséquences des traumatismes psychiques. Les données de l’enquête sont encore en cours d’analyse mais ces premiers résultats vont servir à améliorer le suivi des personnes confrontées à ces évènements tragiques. Une nouvelle enquête sera lancée en automne 2019 sur le même format. L’objectif est de suivre sur le long terme l’évolution des personnes ayant déjà répondu au questionnaire.

Tamara Leroy

 

“ L’étude se poursuit ”

“Le rôle de Santé publique France est de produire l’information à partir de l’analyse scientifique des réponses des participants. Grâce au partage des résultats avec les différents services de secours et de soins d’urgence, une solution de prise en charge ou de sensibilisation peut être choisie en fonction des personnes concernées. L’étude montre par exemple des troubles psychologiques moins importants chez les intervenants sensibilisés avant les événements aux risques psycho-traumatiques. Entre octobre 2019 et février 2020, une nouvelle campagne d’interviews par web-questionnaire sera adressée aux personnes exposées aux attentats du 13 novembre 2015. Objectif : mieux connaitre l’impact psychologique et le recours aux soins quatre ans après les événements.”

© DR

Dr Philippe Pirard, médecin coordinateur scientifique de l’Enquête de santé publique post-attentats du 13 novembre