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Intrusion à la Pitié : tension et réactions

En parallèle des manifestations du 1er mai, l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière a été victime d'une intrusion par une trentaine de personnes. Un acte dénoncé par le directeur de l'AP-HP et qui s'inscrit dans un contexte particulier où de nombreux services d'urgence parisiens se sont mis en grève pour notamment dénoncer l'insécurité dont sont victimes les soignants.

Des manifestants ont tenté de pénétrer dans un service de réanimation de l'hôpital
Crédit photo : (C) Secours Mag

Les manifestations du mercredi 1er mai ont provoqué des sueurs froides aux soignants. Certains personnels de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière ont en effet été confrontés à une intrusion de manifestants au sein de l'établissement. Selon la direction de l'hôpital, il était un peu plus de 16h lorsque plusieurs dizaines de personnes ont tenté de s'introduire dans l'enceinte et de pénétrer dans un service de réanimation, avant d'être délogés par la police. Une trentaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Un évènement qui n'a pas manqué de faire réagir. 

 

Une intrusion dans un contexte de tension

La directrice de l'hôpital, Marie-Anne Ruder, se trouvait au niveau du poste de sécurité de la Pitié-Salpêtrière lorsqu'elle a été alertée de la tentative d'intrusion. "L'accès situé au 97 boulevard de l'hôpital a été forcé. Certains sont passés par le portail et d’autres ont enjambé les grilles". Un second groupe se rend au 1er étage au service de réanimation. "C’est là qu'ils ont essayé de forcer la porte. Nos personnels étaient dehors en train de tenir et de leur dire qu’ils ne pouvaient pas rentrer". Marie-Anne Ruder évoque également des scènes mêlant gestes violents et menaçants, et précise que le personnel est "profondément choqué que l'hôpital puisse devenir une cible et qu'un soutien psychologique sera mis en place au regard de la situation".

Alors que le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a qualifié l'intrusion d'attaque, le directeur de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP), Martin Hirsch a lui aussi fait part de son indignation, et décidé de porter plainte ce jeudi 2 mai. "Il aurait pu se produire un drame dont je n'ose même pas imaginer les conséquences (...) On est passés au bord de la catastrophe. Vous vous rendez compte si j'étais là ce matin devant vous pour expliquer qu'il y a des patients qui ont été bousculés et qui ont pu mourir au sein d'un des meilleurs hôpitaux d'Europe ? Je n'ose pas l'imaginer", a t-il souligné ce jeudi chez nos confrères de Franceinfo. M. Hirsch déplore une situation inédite. "Ce qui est inédit c'est qu'il y a un certain nombre de personnes qui ont tenté de forcer une porte derrière laquelle ils voyaient qu'il y avait des soignants qui criaient : "Attention, malades, danger !" Au sein de ce service de réanimation, il y a des "patients intubés, ventilés, extrêmement sensibles." Selon lui, il ne peut y avoir méprise : les manifestants ne pouvaient ignorer qu'ils s'introduisaient à l'intérieur d'un hôpital. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, doit se rendre sur place ce jeudi. 

Si ce type d'évènement reste bien sûr exceptionnel, il s'inscrit néanmoins dans un contexte déja difficile pour les soignants qui dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail. 25 services d'urgence parisiens ont d'ailleurs lancé un mouvement de grève illimitée à partir du 14 avril dernier. Tout est parti d’un premier mouvement initié à la mi-mars par les personnels paramédicaux aux urgences de l’hôpital Saint-Antoine qui entendaient protester après une série d’agressions subies.