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Livre à la loupe #54 : Général François Vernoux, maîtriser l'art du commandement

Comment obtenir sans contrainte de ses subordonnés, l'exécution intelligente et positive de sa politique, de ses stratégies, de ses intentions ? Et maîtriser ainsi l'art du commandement pour obtenir l’adhésion de son équipe et se prémunir des crises ? Ce guide opérationnel livre des réponses à toutes ces questions et bien d’autres. Les opérationnels confirmés y retrouveront leurs fondamentaux et pourront parfaire leurs connaissances. Les politiques, industriels, opérateurs, dirigeants de services, élus de proximité, parents même, n’ayant pas été formés en école ou par l’apprentissage, y trouveront les clefs du domaine. Un seul pré-acquis : aimer les gens. Un maître mot : cohésion.

Crédit photo : Territorial éditions

Propos recueillis par Yann Bellon

Cheffer. Cet art complexe, tout d'humanité, François Vernoux, Territorial éditions, 124 pages, 45 €.

 

L'auteur 

Général François Vernoux, spécialiste de la gestion de crise

© DR

 

 

La première qualité d'un chef est l'humanité

 

 

Qu'est-ce qu'un bon chef ?

C'est celui qui sait cheffer en suscitant l'adhésion. Ce n'est pas un chef de troupe mais un chef d'équipe dont la première qualité est l'humanité. Il doit être proche de son groupe dont il connaît les qualités et les défauts de chacun pour mieux faire progresser le collectif. C'est par la proximité et la connaissance des capacités de chacun qu'il va pouvoir bien commander. De plus, son management doit être positif. Il n'impose pas ses directives par la contrainte. À l'ère de la communication et des réseaux sociaux, ce type de management ne fonctionne plus. Enfin, le bon chef n'a pas toujours raison, mais il n'a surtout pas le droit d'avoir tort. 

 

Cela veut-il dire qu'un chef n'a pas le droit à l'erreur ?

Le chef reste un humain et son statut ne le protège pas des erreurs. Il a le droit de chuter. En revanche, son erreur ne doit en aucun cas remettre en cause la cohésion de son équipe. Ni être en contradiction avec ses valeurs. Un chef qui viendrait à mentir alors qu'il aurait érigé l'honnêteté et la probité comme valeurs essentielles, perdrait à coup sûr sa crédibilité. En cas d'impair, il doit reconnaître son erreur afin qu'elle soit comprise, rectifiée et ne se reproduise plus à l'avenir. 

 

Quelles sanctions un chef peut-il appliquer ?

Un chef est juste et ne méprise jamais ses subordonnées, y compris ceux qu'il n'apprécie pas. Lorsqu'une erreur est commise, il doit le dire à la personne responsable, organiser un retour d'expérience (Retex) afin d'analyser le ou les facteurs qui ont contribué à la survenue de cette erreur et tenir compte du ressenti de l'équipe. L'objectif n'est pas d'instaurer un tribunal du peuple, mais de transmettre ce message : la sanction n'a pas vocation à rectifier le passé mais à améliorer l'avenir.