Articles

SFMC : la médicalisation NRBC à l'honneur

La Société française de médecine de catastrophe (SFMC) organisait lundi 26 juin une conférence sur le thème de la médicalisation en situation d'exception (fusillade terroriste, zone de combat, haute montagne...). L'occasion d'aborder la question spécifique de la médicalisation de l'avant en contexte NRBC.

La médicalisation de l'avant en contexte NRBC a été abordée lors de la conférence SFMC
Crédit photo : BMPM/SM D. Hilt

Adaptabilité, partage des connaissances et coopération inter services. Ce sont les maitres mots qui sont revenus tout au long des conférences et débats organisés à l'école du Val-de-Grâce par la Société française de médecine de catastrophe (SFMC) ce lundi 26 juin. Tous les acteurs du secours et du soin d'urgence le reconnaissent : dans un contexte attentat marqué par l'incertitude, les intervenants doivent s'adapter et partager leurs connaissances. Les plans mis en place, notamment la dernière version de la note de doctrine opérationnelle tuerie de masse sortie le 20 mars 2017, fournissent un cadre d'action, mais face aux spécificités de chaque intervention attentat (contexte, site et environnement, nature de la menace, ratio victimes/ médecins, etc.) les services de secours doivent s'ajuster au terrain.

Un plan n’est qu’un plan (...) Au final, il faut se préparer à être surpris

"Un plan n’est qu’un plan, et il faut rajouter l’intelligence de situation à chaque intervention attentat. Au final, il faut se préparer à être surpris pour s’adapter aux circonstances de l'évènement", explique le Pr Jean-Pierre Tourtier, médecin chef de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). Adjoint du chef de service du SAMU de Paris (75), le Pr Benoît Vivien ne dit pas autre chose : "Le plan donne la ligne directrice mais on va naviguer autour pour être le plus opérationnel possible dans notre démarche". Dans un contexte attentat où les services de sécurité, de secours et de santé doivent évoluer en synergie, la coopération interservices apparait primordiale. Un point sur lequel insiste le Dr François Braun, président de Samu Urgences de France. "Pour organiser au mieux les parcours de soins dans un contexte très dégradé où les acteurs du secours n'auraient pas accès à la régulation, il est essentiel qu'ils connaissent les établissements de santé selon leurs spécialités (polytraumatisme, damage control...) pour que les premiers blessés les plus graves soient envoyés vers les centres hospitaliers idoines."  

 

Catastrophe NRBC et médicalisation de l'avant 

Fusillade terroriste, zone de combat, haute montagne... Les situations d'exception auxquelles peuvent être confrontées les protagonistes du secours et des soins d'urgence ne manquent pas. Parmi tous les risques existants, la menace NRBC est bien sûr prise en compte. "Nous savons que l'Etat islamique (EI) dispose de toxiques chimiques, comme le chlore ou l'hypérite, et de différents vecteurs de transports, notamment des drones qui peuvent être utilisés comme moyens d'épandage ou pour transporter des bombes sales", relève Sébastien Beaume. Et le médecin référent NRBC du Bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM) de rappeler le rôle essentiel joué par les médecins de l'avant dans un contexte NRBC. " A partir des symptômes présentés par les victimes, les équipes médicales pourront fournir une première orientation sur la famille de toxique concernée." La seconde étape concerne le triage qui permettra de fixer les priorités de passage dans la chaine de décontamination. A priori, les blessés les plus graves seront pris en charge en priorité. "Néanmoins, encore une fois, il faut s'adapter au contexte. Les patients les plus critiques pourront être médicalisés afin d'être stabilisés pendant que les personnes moins atteintes iront en chaine de décontamination. L’objectif est d’assurer un flux continu et ininterrompu du circuit de décontamination afin d’éviter tout risque d’engorgement." La médicalisation s'opère en fonction de critères relevés uniquement de manière visuelle. "Les critères médicaux prioritaires sont le collapsus, la détresse respiratoire, les convlusions, les blessures conventionnelles graves et les douleurs intenses." Parmi les prochaines évolutions attendues, un guide PRV NRBC est en cours de rédaction. La circulaire 700 - doctrine nationale d’emploi des moyens de secours et de soins face à une action terroriste mettant en œuvre des matières chimiques - doit être prochainement refondée. "Le texte réaffirme notamment la place fondamentale de la médicalisation de l'avant en situation NRBC".