Articles

Retraites : le grand flou

La réforme des retraites touche tous les Français depuis une trentaine de jours : "victimes" des mouvements sociaux dans les transports, "lésés" par les annonces floues du gouvernement ou "préoccupés" par les différentes mutations prévues. En pleine reprise des négociations avec les partenaires sociaux, retour sur les différentes annonces pour les professions de notre secteur.

Manifestation parisienne
Crédit photo : Nicolas Beaumont / Secours Mag

Sapeurs-pompiers professionnels, militaires ou professionnels de santé sont au coeur des différentes annonces et négociations particulières du gouvernement. A travers des allocutions ou des communiqués ministériels, et sur fond de démission de Jean-Paul Delevoye, différentes professions semblent se diriger vers le maintien d'une spécificité de leur régime de retraite.

Sapeurs-pompiers professionnels et policiers

Le 5 décembre 2019, à la veille de la mobilisation nationale, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, adressait des courriers aux syndicats de police et de pompiers.

"Pour les policiers, des spécificités seront conservées pour les fonctionnaires qui exercent des missions régaliennes de sécurité et d'ordre public pendant une période minimale. Pour ces fonctionnaires, les droits à un départ anticipé resteront ouverts comme aujourd'hui, sans changement".

"Pour les sapeurs-pompiers professionnels, des spécificités seront conservées pour les fonctionnaires qui exercent des missions caractérisées par la dangerosité pendant une période minimale. Pour ces fonctionnaires, les droits à un départ anticipé resteront ouverts comme aujourd'hui, sans changement".

Ces quelques lignes rassurantes en apparence, laisse toutefois des zones d'ombre ou de négociation. Les notions de "dangerosité" et de "période minimale" d'activité apparaissent comme autant d'axes permettant au gouvernement de modifier les acquis des statuts actuels.

Un mois après ces courriers, alors que les policiers semblent rassurés, les pompiers restent mobilisés, à l'image de cette trentaine de sapeurs-pompiers du SDIS 76 qui ont, le 8 janvier 2020, arrosé copieusement la façade de l'Hôtel de ville du Havre. Toutefois les motivations semblent éloignées de la question des retraites. Un soldat du feu de la caserne de Caucriauville explique "nous sommes venus pour manifester notre ras-le-bol face à nos conditions de travail qui se dégradent". Une mobilisation qui illustre la détérioration générale du contexte social français.

Professionnels de santé hospitaliers

Déjà largement mobilisés autour de cette question globale du contexte social et des conditions de travail, les médecins, les paramédicaux et les internes se joignent aux défilés prévus ce 9 janvier. Le milieu hospitalier est perplexe quant à l'instauration d'un âge pivot à 64 ans. "Ce sera très difficile, car les journées que l'on effectue sont physiquement et psychologiquement très éprouvantes", explique une infirmière. Dans un sondage réalisé fin 2019, 70 % des professionnels de santé hospitaliers pensent que la réforme des retraites les pénalisera.

Militaires

Pour les militaires, la situation semble beaucoup plus claire après le passage d'Emmanuel Macron en Côte d'Ivoire à l'occasion des fêtes de Noël. Le 21 décembre 2019, devant les troupes françaises, le président de la République a tenté de rassurer les militaires sur la réforme des retraites en déclarant "quand on est militaire on ne touche pas la retraite, on a une pension. C'est différent". Une façon de dire que les soldats pourront continuer d'arrêter leur carrière plus tôt que les civils, mais sans précision sur le maintien de leur statut.