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Geste à la loupe #41 - Relevage : le pont néerlandais à quatre

De nombreuses méthodes de relevage sont envisageables pour amener une victime, en toute sécurité, sur un brancard ou un plan dur. Le pont néerlandais est particulièrement indiqué lorsque la configuration des lieux ne permet pas de faire un pont amélioré, c’est à dire de faire glisser le brancard dans l’axe de la victime. Il s’agit d’une méthode de translation de la victime.


Texte et photos : Nicolas Beaumont

 

Mise en œuvre

  • Pour toute victime traumatisée nécessitant une translation sur un plan dur.

 Critère d’efficacité

  • Aucune douleur n’apparait pendant la manœuvre.

  • La victime est correctement positionnée sur le plan dur à la fin de la manœuvre.

Précautions

  • L’axe « tête-cou-tronc » doit être respecté dans les différents plans.

 

Démonstration effectuée par les équipiers de la FFSS 38

Présentation validée par le Dr Alain Baert

1 Préparer la victime. Dans le cas d’une suspicion de traumatisme du rachis, la victime doit avoir un collier cervical. Un maintien de tête est réalisé pendant toute la prise en charge.

victime

 

2 Positionner le plan dur. Le plan dur est placé contre la victime, au plus proche mais en veillant à ne pas la mobiliser. Le maintien de tête et le maintien de cheville sont conservés.

plan dur

 

3 Positionner les équipiers. Un équipier enjambe la victime en s’appuyant sur un autre. Il se positionne en s’appuyant sur le premier, face à lui. Les jambes sont de part et d’autre de l’ensemble « victime-plan dur ».

équipiers

4 Ramener les bras. Afin de ne pas gêner la manoeuvre, positionner les bras de la victime sur son tronc.

bras

 

5 Assurer les prises. Assurer le maintien de la tête et des chevilles. Un équipier place ses mains sous les épaules de la victime. Un second place ses mains sous la taille.

prises

 

6 Donner les ordres. L’équipier à la tête donne les ordres et écoute les retours pour coordonner le relevage. ll demande : « Equipiers êtes-vous prêts ? » Après leur réponse, il reprend : « Attention pour lever », « Levez » et « Posez ».

ordres

 

7 Réaliser la translation. Les équipiers agissent de manière synchronisée en veillant à respecter l’axe « tête-cou-tronc ». Le relevage est doux et sans à-coup. La victime doit se trouver en position correcte sur le plan dur.

translation

 

8 Conditionner la victime en vue du transport. Les équipiers positionnent les cales-tête, couvrent la victime et la solidarisent avec le plan dur, en utilisant, par exemple une sangle-araignée.

victime

 

alain baert

Témoignage médecin

Dr Alain Baert, médecin référent de la Fédération française de sauvetage et de secourisme (FFSS)

Préserver l’axe tête-cou-tronc

L’axe tête-cou-tronc est l’élément essentiel de tout relevage d’une personne présentant une suspicion de traumatisme du rachis. Toute rupture de l’axe tête-cou-tronc expose la victime à une nouvelle lésion ou à l’aggravation des lésions déjà existantes. Au niveau du rachis, une lésion soit l’avenir fonctionnel de la victime, soit son avenir tout court. Cela étant, si la technique de relevage est réalisée telle que prévu par les textes, l’axe ne bougera pas. S’il est primordial de respecter cet axe, il faut aussi avoir en tête d’installer la victime le plus confortablement possible car elle va rester pendant plusieurs heures dans cette position. Evidemment cette considération est secondaire en regard de l’axe tête-cou-tronc mais ne doit pas être négligée.