News

Débat sur le sauvetage en mer : des sénateurs sur leur faim


Ce 9 janvier, les sénateurs de la mission commune d’information sur le sauvetage en mer et la sécurité maritime regrettent les réponses préformatées du gouvernement suite à leurs 30 propositions visant à réformer un modèle en souffrance.

Les sénateurs regrettent un manque d'ambition de l'Etat pour valoriser les bénévoles de la SNSM
Crédit photo : Secours Mag

L'organisation actuelle du sauvetage en mer suscite de fortes interrogations : sur le recrutement de nouveaux bénévoles, sur l'état de la flotte et son renouvellement dans les années à venir, sur la capacité de tous les acteurs (État, collectivités territoriales, associations) à tenir leur rôle. Au lendemain de l'accident du 7 juin 2019 lors duquel trois sauveteurs en mer de la station des Sables-d'Olonne ont perdu la vie lors d'une opération de sauvetage d'un navire de pêche, une mission d'information commune à plusieurs commissions a été créée par le Sénat afin d'examiner le modèle économique du sauvetage en mer et ses besoins en termes de logistique et d'investissement. À l'issue de ses travaux, incluant une douzaine de déplacements, sur le littoral métropolitain et en Outre-mer, à la rencontre des sauveteurs et plusieurs auditions, la mission a formulé 30 propositions visant à : 

- mieux reconnaître le bénévolat et son engagement humaniste ;

- garantir sur le long terme le financement des investissements de la SNSM ;

- démocratiser le fonctionnement de la SNSM et clarifier la répartition des rôles entre les différents échelons d'action et d'administration.

Alors qu'un débat s’est tenu dans l’hémicycle le 7 janvier dernier à la demande de la mission commune d’information sur le sauvetage en mer et la sécurité maritime, les sénateurs regrettent ce 9 janvier des arguments préformatés de la part du gouvernement, un manque d’ambition et d’innovation pour valoriser les bénévoles de la SNSM et une absence de volonté réformatrice. De son côté, le gouvernement a rappelé par la voix de Jean‑Baptiste Djebbari, secrétaire d’État chargé des transports, l’augmentation à 10,5 millions d’euros du soutien financier de l’État à la SNSM, et la préparation d’un plan d’actions pluriannuel. Une annonce qui repousse de fait les principaux axes des 30 propositions formulées par la mission sénatoriale. Toutefois, pour les sénateurs de la mission, ce débat n’est qu’une première étape : ils comptent bien obtenir raison sur leurs propositions et entendront prochainement le nouveau président de la SNSM, Emmanuel de Oliveira.