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Moins de morts au sport à la suite d'ACS


A l'occasion du Congrès de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) 2019 qui a lieu à Paris du 31 août au 4 septembre au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, une étude montre qu'il y a aujourd'hui moins de décès par arrêt cardiaque soudain lié au sport. Une tendance associée à une augmentation de la réanimation cardio-respiratoire (RCP) par les tiers.


On dénombre aujourd'hui moins de morts suite à un arrêt cardiaque soudain (ACS) lors de la pratique d'un sport. C'est ce que démontre une étude menée par le Centre d'Expertise de la Mort Subite installé à Paris sous la direction du Professeur Xavier Jouven. Cette tendance est liée à une plus grande pratique de la RCP par des témoins lors de la survenue d'ACS. « Dans notre étude, la RCP réalisée par un témoin était associée à une probabilité presque huit fois plus grande que les victimes d'un arrêt cardiaque survivent après leur sortie d'hôpital », déclare Xavier Jouven. Une bonne nouvelle contrebalancée par une autre information : l'étude a révélé que l'incidence des arrêts cardiaques subits pendant le sport n'avait pas changé au cours de la dernière décennie. « L'incapacité à réduire l'incidence des arrêts cardiaques soudains liés au sport est décevante et remet en question l'efficacité des programmes de dépistage ». L'étude a été menée à l'aide de deux registres prospectifs réalisés par le Centre d'Expertise de la Mort Subite. Tous les arrêts cardiaques subits survenant pendant ou immédiatement après le sport de compétition et amateur à Paris et dans les banlieues proches ont été enregistrés entre 2005 et 2010 puis entre 2011 et 2016. Il y a eu 158 arrêts cardiaques subits liés au sport entre 2005 et 2010, et 162 entre 2011 et 2016. L'incidence est restée stable pendant les deux périodes, avec environ 6,9 cas par million d'habitants à Paris et dans les banlieues environnantes, par an. La RCP par un témoin a été significativement plus courante entre 2011 et 2016 (81 %) qu’entre 2005 et 2010 (46 %). L’utilisation du défibrillateur automatisé externe (DAE) a été plus fréquente au cours de la deuxième période (11,9 % contre 1,3 %). Le taux de survie globale des athlètes en arrêt cardiaque a augmenté de deux tiers, passant de 20 % dans la première enquête à 60 % dans la dernière. « Pour améliorer encore la survie après un arrêt cardiaque, la RCP devrait être enseignée au grand public, en particulier aux praticiens de la médecine sportive. Et un DAE devrait être disponible sur tous les sites sportifs. La prévention des arrêts cardiaques soudains reste l'objectif idéal. À l'avenir, les montres et les tee-shirts connectés pourraient nous alerter des signes avant-coureurs apparaissant quelques minutes ou quelques heures avant, permettant ainsi une réanimation et une prévention précoces. »