SecoursMag 55

Covid-2019 : entre préparation et psychose


 
Alors que nous écrivons ces lignes, la situation évolue toutes les heures. Les médias rivalisent d’informations chiffrées anxiogènes et de reportages démontrant qu’une certaine psychose gagne le pays. Les pharmacies notamment sont dévalisées. Les masques sont vus – à titre individuel – comme les meilleurs remparts pour se protéger du coronavirus. Dans les établissements scolaires et dans les crèches, on exclut les enfants qui ont voyagé dans des pays touchés par le Covid-19. Leurs parents en revanche peuvent continuer à contaminer sans sourciller collègues de bureau, voisins dans les transports et relations de tout type… C’est toute la difficulté des mesures de protection de la population : trouver le juste milieu entre décisions liberticides et laxisme sanitaire. La direction générale de la Santé est à la manœuvre et fait désormais des points quotidiens. Objectifs : pédagogie et anticipation +++.

Certaines mesures souvent évoquées dans les médias, comme la fermeture des frontières ou le contrôle de la température des voyageurs, ont en effet prouvé leur inefficacité. Le premier pays européen à avoir interdit les vols en provenance de Chine est l’Italie, aujourd’hui également le plus touché du vieux continent… La phase d’incubation de la maladie comprise, selon les estimations, entre 5 et 13 jours constitue la principale difficulté car elle rend invisible le risque de contamination, pourtant bien réel pendant cette phase critique.

Tandis que la Chine, foyer originel de l’épidémie, connaît aujourd’hui une décroissance, de nouveaux foyers se développent dans le reste du monde, laissant présager une requalification de l’épidémie en pandémie. L’OMS évoquant pour le moment un simple « potentiel pandémique ». Il est évident que la propagation du virus a de quoi inquiéter tant elle est rapide et, semble-t-il, incontrôlable dans une organisation aussi mondialisée que la nôtre. Les terribles épidémies connues dans le passé comme la peste noire (75 millions de morts) au XIVe siècle ou encore le choléra (plus d’un million de morts) au XIXe siècle, mettaient des années à se généraliser. Mais, dans le cas du Covid-19, il faut regarder avec sang froid les données objectives. Si la courbe des contaminations est exponentielle, celle des cas sévères et mortels décroît et le taux de létalité demeure, pour le moment, inférieur à celui de la grippe saisonnière…

Les professionnels de santé sont en première ligne. En Chine, 6 % d’entre eux ont été contaminés. En France, le niveau 2 du plan ORSAN (organisation du système de santé en situation sanitaire exceptionnelle) REB (risque épidémique et biologique) est déclenché. Plus largement, tous les services de secours et de soins d’urgence sont sur le pont et peaufinent leur dispositif avec un objectif commun : anticiper !

 

Nicolas Lefebvre, le 26 février 2020

 

Rubrique Secours du monde consacrée au coronavirus, pages 48 à 51

Point de situation exceptionnel de la Société française de médecine de catastrophe, en présence de la direction générale de la Santé (sous réserve d’agenda) le vendredi 20 mars au salon Secours Expo.